vendredi 26 septembre 2014

2014-09-11_La Jonction

Pour ce second jeudi de septembre après les lacs Noirs et Cornus nous décidons de rester dans le secteur chamoniard pour une des randonnées mythiques du secteur mais que nous n’avions jamais pu réaliser à cause des 1500m de dénivelé positif annoncé et du temps nécessaire pour faire l’aller et retour (entre 7h30 et 8h annoncées sur la plupart des topos).

9h15: Nous voici Fabienne et moi au parking du Mont, petit hameau au dessus des Bossons. Après nous être chaussés et avoir enfilé nos sacs à dos nous partons par un bon sentier en forêt vers la première étape de cette ascension: l’arrivée du télésiège du glacier des Bossons.

9h40: La montée est rapide et ayant distancé Fabienne de quelques centaines de mètres, je décide d’aller voir du coté du Chalet le fameux glacier. Le chalet est magnifiquement fleuri et on peut apercevoir sur la terrasse du resto quelques éléments d’avions rejetés par le glacier après que ceux-ci se soient crashés plus haut sur les flancs du Mont-Blanc, notamment un élément du train d’atterrissage du célèbre Malabar Princess. Je poursuis vers le panorama sur le glacier mais ne voyant pas arriver Fabienne je renonce au sentier didactique.


9h50: je repars à l’assaut sur sentier superbement tracé, qui monte très régulièrement dans la fraicheur matinale des sous bois. L’absence de pierre, marche, et autre obstacle permet de soutenir un rythme de montée à affoler un altimètre.


10h15: Vers 1750m, n’ayant toujours pas rejoins Fabienne, je lui envoie un SMS pour lui demander si elle n’aurait pas fait un détour par le Chalet des Bossons sans que je la croise. Elle est devant, je la rejoindrai quelques minutes plus tard. Nous quittons bientôt la sombre pessière pour un magnifique mélézin qui nous offre de surcroit, au hasard d’un S de somptueux points de vue, tantôt sur le Glacier de Taconnaz, tantôt sur celui des Bossons.


10h35: Nous découvrons devant nous un raide et humide escalier de bois qu’il va falloir descendre sur une trentaine de mètres. Voilà qui devrait bien nous casser les jambes sur le chemin du retour.



10h45: Voici le chalet des Pyramides. Je propose à Fabienne une petite pause grignotage mais des odeurs de carburant nous font quitter les lieux rapidement, le petit ravitaillement se fera donc en route. Un traileur nous rejoint puis nous double quelques mètres plus hauts. Le sentier est ici raide et humide, de nombreuses marches le fragmentent. Tant bien que mal nous parvenons à franchir la barre des 2000m nous rejoignons alors les zones d’alpage et notre champs de vision s’élargit. Nous prenons aussi conscience de la pente qui nous entoure, ce n’est pas le moment de mettre un pied à coté du sentier.






11h15: Voilà 2 heures que nous sommes partis, nous atteignons les 2100m mais il nous faut à nouveau descendre sur quelques dizaines de mètres sur le versant Taconnaz cette fois. Cette étape franchie nous repartons à l’assaut de la montagne grâce à une belle série de «S» dans une énième pente raide de la Montagne de la Côte qui ma fois porte bien son nom. Le passage du collet entre le bec du Corbeau et le Mont Corbeau me laisse pantois.


Je découvre à quelques centaines de mètres un paysage stupéfiant: Imaginez un océan déchainé par une violente tempête dont les vagues hautes de plusieurs mètres s’entrechoqueraient dans une nuée d’écume. Le Glacier des Bossons, c’est un peu ça sauf que les vagues sont d’énormes blocs de glace et que les creux sont de profondes crevasses le tout entremêlé dans un gigantesque chaos. De colossaux vaisseaux de pierre arrachés aux sommets voisins glissent au cœur de cette tempête glacée Je me laisse guider par un petit sentier jusqu’au pied du glacier, tandis que Fabienne franchi le collet.


11h40: Il me reste un peu plus de 400 mètres pour atteindre la jonction. Devant moi se dresse un énorme ressaut rocheux encombré des blocs de différentes tailles, dépôt morainique du glacier. Derrière moi Fabienne est à quelques centaines de mètre. Entre nous s’intercale une petite traileuse . Je repars à l’assaut! Un petit pas escarpé, une rampe, 2 marches, c’est passé, au suivant. En ligne de mire un nouveau petit collet, puis c’est droit sur l’arête. Le sentier est bien tracé et a été fraichement entretenu (merci Guigui). Des points jaunes le balisent et les passages escarpés sont équipés de marches en acier. Je souffre, il commence à faire chaud et je sens mon corps qui me dit: «Polo, je ne suis pas loin de la panne sèche, j’ai besoin de calorie»
J’attrape la pipette. Après deux, trois gorgés de cette délicieuse boisson que nous a préparé Fabienne ce matin, ça va mieux. La petite traileuse n’a rien repris sur moi, elle souffre aussi!
Plus haut la pente s’atténue, de belles dalles forment un sentier en escalier. Voici enfin les gros blocs qui servirent de gite à Balmat en 1786 lors de la première du Mont-Blanc. Et puis c’est l’apothéose, les sommets immaculés se dévoilent les uns après les autres, Aiguille du Gouter, Dôme du Gouter, Mont-Blanc, Mont Maudit, Mont-Blanc du Tacul, Aiguille du midi…




12h15: Le sentier s’arrête là, plus haut c’est la haute montagne, je suis à la Jonction.

"Ouaaah...que c'est beau!!"



Il ne me reste plus qu’à attendre Fabienne qui arrivera 10 minutes plus tard pour profiter pleinement du spectacle et manger un morceau.



13h35: Cela fait plus d’une heure que nous sommes là, écoutant les craquements du glacier, repérant peu à peu des indices de présence humaine dans cet univers de glace et de roche. Là les Grand Mulet, ici les Cosmiques, «regarde là haut une cordée sur le toit de l’Europe!».



 Il nous faut malgré tout penser à descendre, ce que nous faisons d’abord tranquillement profitant pleinement du panorama qui s’offre à nos yeux. Par chance les Aiguilles Rouges qui sont restées accrochées durant toute l’ascension se dégagent peu à peu. Nous pouvons ainsi, de temps à autre,détourner notre regard attiré inexorablement par les étendues glacées que nous venons de quitter. Petite photo du gite à Balmat, puis j’amène Fabienne découvrir le glacier des Bossons de près par le même petit sentier qui m’y à conduit ce matin.


A la descente le sentier devient vertigineux, et comme prévue les deux petites montées cassent bien les jambes.



Une fois dans la forêt nous allongeons le pas et notre descente n’a plus grand-chose de bucolique. Seuls quelques groupes au dépassement difficile sur l’étroit sentier nous imposent des phases plus calmes. En dessous du Chalet des Bossons nous passons en mode «dégringolade» rattrapant les sportifs qui nous ont doublés plus haut.


16h08: Nous y voilà! Retour au parking! Petite séance d’étirements en finissant les gourdes avant de reprendre la route, de belles images plein la tête. La semaine prochaine destination Jura et le Creux du Van, place à la verdure et aux paysages vallonnés….

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