Le raid O'bivwak est une épreuve sportive par équipe, se déroulant sur 2 jours en autonomie complète. Il faut donc partir avec tente, duvet, nourriture, réchaud et vêtements adaptés aux conditions parfois vite changeantes, seule l'eau étant fournie sur le lieu du bivouac. C'est une Course d'Orientation, ainsi chaque équipe munie d'une carte (échelle 1/20000 ou 1/15000) et d'une feuille de route doit passer par une série de points de passage obligés (postes) matérialisés sur le terrain par une balise (orange et blanche). Pour relier les différents postes vous passez par où bon vous semble. Mais attention une course d’orientation est avant tout une course, c'est donc l'équipe la plus rapide qui remporte l'épreuve et comme chacun le sait, la ligne droite n'est pas forcément l’itinéraire le plus rapide... A chaque équipe de déterminer le cheminement le plus adéquat en tenant compte de l'ensemble des paramètres renseignés sur la carte (dénivelé, densité de la forêt, sentier ou chemin à proximité, barre rocheuse ou autres éléments infranchissables...etc) tout en gardant un maximum de lucidité malgré la fatigue qui s'accumule peu à peu. En bref c'est un sport où la tête marche au moins autant que les jambes!
Après Villard de Lans, et son édition pour le moins dantesque, je n'ai pas osé solliciter Julien, mon coéquipier des éditions précédentes. C'est avec Elodie ma fille que je pars, celle-ci s'étant portée volontaire. Nous voilà donc une équipe jeune/vétéran inscrite sur le parcours D, circuit court et technique, soit aux alentours de 30km et 1000m de dénivelé positif pour une trentaine de postes à valider.
Le raid O'bivwak se déroule chaque année dans différents secteurs de la région Rhône-Alpes. Cette année c'est la Montagne du Semnoz, à l'extrémité nord du massif des Bauges, au dessus du lac d'Annecy qui nous accueille.
10h30: Nous voilà sur place. Il fait grand beau et déjà chaud. Nous nous présentons rapidement à l’accueil pour récupérer nos dossards avant qu'il n'y ai trop de queue. Beaucoup de concurrents sont déjà arrivés mais par bonheur avec notre N°4022 nous sommes seuls dans notre file.
Nous avons une heure avant le coup d'envoi, il est temps pour nous d'aller nous ravitailler un peu. Nous abandonnons nos sacs quelques minutes pour nous assoir à l'ombre d'un épicéa.

Les équipes de l'Orient'Express42 le club de course d'orientation du Pilat, un des plus titré de France, viennent d'arriver. Flo un collègue accompagnateur est parmi eux, il est engagé sur le parcours A, le parcours Ultra, celui de tous les superlatifs, il va y avoir du sport!
La raquette se remplie peu à peu, certains font quelques mouvements d'échauffement. On s'approche doucement de l'heure H.
12h25: un concurrent Handisport et son équipe s'élance avec 5min d'avance. Sous les cris d'encouragement et les applaudissements la joyeuse équipe mènera avec brio la joelette jusqu'au bout!
On arrive enfin à la "prise de feuille de route". Tout essoufflé, je sors le carré de report tandis qu'Elodie attrape sa Ventoline: ce départ canon, en montée c'est pas terrible quand on souffre d'asthme à l'effort! Elle récupère rapidement et me dicte les premiers postes que je reporte sur la carte. Nous nous sommes bien entrainés à la maison et après quelques minutes nous en avons reporté la plupart sans nous en apercevoir. On s'arrête là on fera le reste en route.
C'est maintenant que commencent les choses sérieuses. La première balise est une dépression au cœur de l'alpage à 650m à vol d'oiseau de la "prise de feuille de route". Nous la trouvons sans difficulté. La suivante n'est ni plus ni moins qu'au pied de la croix du Crêt de Chatillon, point culminant du Semnoz.
Du sommet la vue est superbe bien que l'horizon soit laiteux.
Puis c'est la descente qui commence vers le bivouac. Si les premières balises sont assez proches des unes des autres, les suivantes sont plus espacées. L'orientation est bien technique le recours à la boussole fréquemment nécessaire et les terrains traversés souvent hors sentier sont délicats, il y a beaucoup de branches au sol et le terrain est encore bien gras par endroit.

La chaleur nous indispose aussi et si Elodie commence à fatiguer, elle n'est pas la seule, je vois de la lassitude dans la démarche de pas mal d'équipes.

Tant bien que mal nous avançons, sans trop faire d'erreurs de navigation, découvrant les superbes paysages que nous offrent les points de vue sur l'Albanais et le lac d'Annecy.
A 17h15 nous arrivons enfin au bivouac après 4:42:42 de course. Tous nos postes ont été validés. L’itinéraire idéal (de balise en balise à vol d'oiseau) donne 12,3 km pour 390m de dénivelé positif. Nous en avons fait 16,9 pour 390m D+, preuve que notre orientation n'était pas si mauvaise pour cette première journée.
Si vous avez aimé cette page, rendez vous ici pour la suite de nos aventures
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire